Voyages Hors Routes

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29 août 2015 6 29 /08 /août /2015 09:27

Une chanson disait : c'est la fin de l'été sur la plage, pour nous c'est seulement la fin du voyage d'été au Maroc.

Comme à l'accoutumée, nous vous faisons profiter du récit et du diaporama de nos mésaventures, coups de coeurs et déceptions concernant ce pays qui reste l'un des seuls accessible actuellement au sud de la méditerranée pour les passionnés de voyages hors bitume.

Nous rentrons donc de 3 semaines au Maroc (+1 semaine pour l’aller/retour, on prend notre temps) : 4000 kms sur place, 8000 en tout. Voyage effectué seuls, El Toyo, Michel et moi. Pas très original comme destination, mais nous avons établi quelques records, rien que pour vous !

- 4h de retard pour le ferry Alméria – Nador, dont 3h de pagaille.

- Météo déconcertante, comme le pays ! Sur place du 29/07/15 au 20/08/15, nous n’avons pas dépassé 48°C. Notre précédent record était 50°C au lac Iriki, El Toyo ne sachant pas afficher plus. Température minimale : 13°C vers Azrou, notoirement insuffisant. Vent de sable dans le Rekkam, une première pour moi. Tant de brume dans le Sud que nous avons renoncé à poursuivre vers Tan-Tan et au-delà. Des orages quasiment tous les jours, donc des pistes/routes dévastées. Nous n’avions pas vu ce genre de dégâts lors de nos précédents périples (2003/2006/2008). Neige : oui, vous avez bien lu, nous avons vu de la neige sur un sommet !! Au mois d’août.

- Des pistes de malades (Nous en sommes ??), notamment entre Boudnib et Erfoud, le Sarhro, ainsi que de grands moments de solitude au Nord de Taroudant.

- 3 crevaisons, 2 pneus morts. Même là-bas, on ne voulait pas nous les réparer, c’est dire…donc : 4 pneus lessivés, il faut reconnaître que nous n’avons pas fait que du goudron.

 

Voilà un résumé très résumé de nos aventures. Bien entendu, ce n’était que l’intro, je ne sais pas faire court…

Soyez les bienvenus, comme on dit là-bas !

 

Et pour ceux qui ne veulent ..... que des "images", ici un DIAPORAMA

Vue de l'itinéraire

Vue de l'itinéraire

Tout d’abord, escale à Bordeaux le 26 juillet pour une soirée touristique très agréable malgré un orage. Ah si nous avions su que ce serait la norme… Bivouac forestier avant Madrid, qui coupe la descente, fastidieuse mais très roulante et gratuite. Entre Grenade et Alméria, on traverse la Sierra Nevada par une très jolie petite route, et hop au port. 4h de retard donc et 3h de bazar, comme seuls (?) les Marocains savent le créer : plusieurs accrochages se déroulent devant nos yeux médusés et hagards (3h du matin…). Sortis par hasard dans les 1° du ferry, ce n’est pas notre genre, on est les derniers à quitter le port. Pourquoi ? Dans les ordinateurs des douanes, notre bon vieux destrier n’avait pas quitté le territoire depuis février 2012, lors de la remontée du Mali.

 
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Bref, à nous le Rekkam !

NADOR – BOUDNIB – ERFOUD

Premier but de cette année : le Rekkam. Je n’ai pas trouvé de définition précise de ce que recouvre cette appellation. Région qui nous a surpris par bien des aspects, et enchantés. Plus variée que dans notre imaginaire, pourtant nous ne sommes pas allés jusqu’à Figuig, trop de kilomètres et trop proche de la frontière algérienne. Une autre fois ? en fait, le rekkam n'est qu'une petite partie de la région appelée "L'Oriental", merci pour cette précision.

Sur le barrage Mechraa Hammadi, la route est coupée par des travaux, rien ne le signalait au dernier embranchement : on est bien au Maroc ! Paysage rocailleux, des escargots blancs à l’assaut de toutes les brindilles, jusqu’au barrage Mohamed V. Bivouac vers Tanacherfi avec un orage qui tourne. Température de la journée : 40°C, on est contents.

L’arrivée au-dessus de Debdou est spectaculaire, le goudron pour descendre est bon. On y trouve une pâtisserie mais pas de boulangerie, et pas d’essence. On nous dégaine un portable : tu veux 5l, 10l, nous ne connaissions pas ce système, le Maroc se développe. La station est à Taourirt, 50 km, et c’est surprenant compte tenu de la taille de la ville, du nombre d’immeubles, son DAB, son jardin public. Mais un détail : il n’y a quasiment pas de voitures… En fait, pas besoin de gazole, on remonte sur le plateau. El Ateuh, porte du désert, avant-garde ? Arrière garde ? De quoi ? Sensations diffuses d’oppression mais aussi de grande liberté. Arrêt dans la pampa et pas le temps de s’installer, heureusement, car un vent de sable déboule par derrière ! Je ne connaissais pas, c’est saisissant. Pensées pour les bergers croisés peu de temps auparavant, nous sommes bien abrités dans la voiture, qui tangue sous les assauts du vent fou. Puis tout rentre dans l’ordre aussi vite que c’est arrivé. Et nous reprenons nos habitudes de tous les pays traversés (sauf l’Islande !) : les troupeaux passent, traversent, vite, lentement, avant la nuit, certains en retard, une mobylette, un âne, un pick-up, la vie.

Pistes avec cassures d’oued, des radiers, jalonnées de cairns modernes en forme de Toblerone jusqu’à Outat Oulad El Haj. Des vents de sable encore, la température joue au yoyo de 34°à 42° à 27° en moins d’1h.

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Les paysages et des pistes à couper le souffle, quasiment personne, on s’est rempli les yeux. Caillasse, quelques mini dunes, un arbre solitaire, des tentes, la piste est balisée par des stands de vente de fossiles, le berger fait confiance. Zones de trial grandeur nature, des montagnes russes en Technicolor (Chamarelles de l’Ile Maurice peut se rhabiller) ; si votre copilote respire mal, donnez-lui le volant. J’ai testé, c’est beaucoup moins impressionnant lorsqu’on peut se cramponner au volant, au lieu de sauter de la voiture, cramponnée à l’appareil photo sous le prétexte fallacieux d’immortaliser la virtuosité du pilote !

Ensuite, l’oued Arid (à sec !) et l’oued Zerzet nous offrent de beaux méandres. Pas mal de difficultés techniques ont pimenté notre progression, particulièrement une descente baptisée « la descente de ouf ». Même Michel n’était pas fier d’engager le KDJ dans cette pente, pour ma part, je suis restée en haut, yeux fermés et mains sur les oreilles. Puis le Canon s’est quand même déclenché. Et mon pilote préféré a du remonter me chercher à pied car je n’arrivais pas à descendre. Vous ai-je déjà dit que j’ai le vertige ?

Pour nous, le Rekkam était un mythe, un Eldorado. Ce devait être un grand reg vide sous un ciel bleu uni, notre limite acceptable était fixée à 50°C. Ce mythe a volé en éclats : le Rekkam offre des touches de vert partout, il y a du monde (ce n’est pas Shanghaï quand même) : des cultures, des nomades. Les oueds, à cette saison, n’ont pas présenté de problème à traverser, nous avons eu plutôt 35°C. Seulement.

Jus d’orange au Relais de Talsinnt (hôtel qui a l’air tout à fait correct), station d’essence. Nous baptisons la R3469 « Piste des 1000 oueds » le long du Jbel Khang El Ghar, 35 kms de trial, il faut prendre son temps ! Certains qualifient Boudnib de ville, mais il n’y a pas de station d’essence. Pour les non spécialistes du Maroc comme nous, la frontière algérienne est à environ 65 kms, nous ne croiserons aucun contrôle, contrairement à nos prévisions.

Itinéraire :

Nador – Barrage Mohamed V – Dada Ali – Aîn Serrak – Debdou – El Ateuf – Zerouilet – Outat Oulad El Hadj – Talsinnt – Bni Tadjit – piste dite des 1000 oueds le long du jbel Khang El Ghar, 35 kms de trial – Boudnib – Aoum El Kheil – Hi Hassane – Erfoud.

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ERFOUD – TELOUET

Pour nous remettre de nos émotions, un tajine au « Café du Sud » (wi fi) à Erfoud, ville du désert désertée…45°C, pas un touriste à l’horizon. La palmeraie nous laisse une impression de désolation, de sécheresse…. Pleins faits (gazole, eau, tomates, pain, l’indispensable quoi), on reprend les pistes Et là, ce fut une grandiose hamada noire plate et vide, ensuite piste à camions difficile car nous n’avons pas la garde au sol correspondante. Soirée à 43°C, ça va mieux, ponctuée de tirs de mines et de camions, au loin heureusement. Le petit déjeuner fut arrosé (de pluie) ! Après le puits à chameaux et les ruines de Ba Hallou, à nous la vallée de l’Oued Rhéris, connue pour ses dunettes. Seuls, sans compresseur (il est mieux au frais à la maison, je ne commente pas plus….) Michel propose de contourner : « c’est facile tu verras, en Tunisie on a fait ça plusieurs fois »…. Vous devinez la suite : tankés vers 10h, il sort le Toy à 11h30, après 1h30 de pelle et de ramassage de cailloux, heureusement, le Maroc n’en manque pas. Nous étions prêts à planter le tarp et attendre la « fraîcheur » du soir, il ne faisait que 45°C…. Douche en plein rien, pot bien frais au Riad Nomad, posé au milieu de rien… les chambres ont l’air très sympa, mais on continue, on remonte vers le nord sur Msissi. Immense hamada au cap, sieste sous un acacia, la matinée fut éprouvante. A Msissi, on a du mal à réveiller le pompiste, il fait 45°C, même les Marocains ont chaud… Le radier de la RN12 à l’entrée d’Alnif est défoncé.

 
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Et on opte pour le Jbel Sarhro d’Est en Ouest. D’abord des palmeraies et qui dit palmeraie dit difficile de bivouaquer, on se pose donc à l’entrée de Tazlaft, sur une petite parcelle moissonnée. On nous dit de ne pas nous approcher de l’oued car risque d’orage. Tiens donc…Normal, on est là.

Un passage d’oued en eau après Bou Gafer, lessive / shampoing et ça repart. La piste est dans l’oued jusque Moujdou (1611m) puis longue, TRES longue montée trialisante jusqu’au Tizi n’Imzi (= col) à 2200m. Pour découvrir une belle piste qui vient d’Arnif à l’Est, ne figurant sur aucune carte ?? Cette montée fut rocambolesque, à chaque rocher, on se disait : « Ca va le faire ? Et sinon ? Comment faire demi-tour ? Pas sûr qu’on puisse redescendre…. » Sympa !! Bref, réfléchissez bien avant de vouloir passer par là.

Ensuite, le Sarhro Nord Sud, après Aït Mersoud, la piste est bonne, mais les paysages sont complètement noyés dans la brume, heureusement nous avons nos souvenirs pour savoir que cette région est plus que belle….On croise un Land corse en haut du Canyon d’Afezza puis descente sur N’Kob. N’kob est tout goudronné, lampadairisé, quel étonnement ! Une nuit au Ksar Jenna à l’Ouest de la ville, ceux en ville sont fermés, nous sommes les seuls clients, un paradis que nous vous recommandons, 630 DHM pour 2 avec le dîner et petit déjeuner. Et notre 1° crevaison, 36°C à 8h30….

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Pause goudron pour Ouarzazate par Agdz. Le Drââ est bien en eau, la brume oppressante, Ouarzazate, c’est fait et on s’est juré de ne pas y retourner. Même pas visité la kasbah, on file sur Telouet. Magnifique vallée, vieilles kasbahs, oasis en contrebas. Visiblement, cette zone a souffert de la pluie cet hiver, beaucoup de pans de montagnes effondrés. La route est en travaux, elle sera certainement goudronnée, inc’h Allah. A Telouet, nous sommes déconcertés par l’aspect extérieur de la kasbah au point de croire que nous ne sommes pas au bon endroit, les explications du Guide Vert ne correspondent pas vraiment à la réalité…on va bivouaquer dans le jbel et on y revient le lendemain matin. Et là…. Emerveillement. La kasbah de Telouet est un must (20 DHM/pers). A voir absolument. Nous y étions seuls évidemment, quel plaisir et quelle émotion de voir de si belles pièces. Un goût de Topkapi, c’est dire. Et quelle tristesse, quelle incompréhension : pourquoi cet endroit est-il à l’abandon ? Rien n’est fait pour le préserver, le restaurer, le mettre en valeur…. Le village lui-même est un dépotoir, aucune indication….

Itinéraire :

Erfoud - puits d’El Atrouss – Ba Hallou - Oued Rheris – riad Nomad – Msissi – Alnif - Jbel Sargho : Tazlaft – Bou Gafer - Moujdou – Tizi n’Imzi – Tioute – Iknioum – Aït Mersid – Afezza – N’kob / Agdz – Ouarzazate – Achahourd – Telouet -

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TELOUET – TAROUDANT

Après ce moment culturel, retour à la RN9 ; la P1510 goudronnée suit une vallée verdoyante, très cultivée. Les gens sont très souriants, nous saluent, y compris les femmes. Après le village de Toubkal, une piste nous mène à travers oueds et collines, de hameaux en hameaux, une grosse pluie fait chuter la température à 17°C, col Tizz’n’Tleta et en cherchant un bivouac on échoue sur la propriété de Hassan, retraité franco marocain qui nous offre l’hospitalité très gentiment. Douches chaudes, thé avec la famille, dodo dans le Toy car ils font une fête, petit déj et on repart. Merci pour cet accueil, Hassan, et les discussions à cœur ouvert sur le pays. La journée continue avec un thé chez un franco marocain des Yvelines, à Douzrou, quelle journée, et que de conversations enrichissantes. Goudron dans cette zone, où le safran est cultivé, mais pas en cette saison, dommage.

La piste Taliouine - Tissint est goudronnée, mais toujours aucune circulation, ce qui permet à un pick-up de nous faire stopper, genre dans un virage en haut d’une côte. « Tout va bien ? Pas de problème ? » Non, merci. « Ok, bonne route, soyez les bienvenus » Et voilà pourquoi le Maroc enchante tant les voyageurs… J’avoue que nous avons refusé l’invitation au thé, 3 dans la journée, ça fait beaucoup ! Belle piste bien entretenue sur un plateau désert, descente fabuleuse vers des oliveraies, au milieu de rien. Après Lamdit, la descente vers Agounine est spectaculaire, d’autant que nous croisons un cortège de mariage en montée…. Le croisement fut épique, j’ai volé quelques photos, les costumes des femmes étaient magnifiques. La mariée cloîtrée dans la voiture, cachée sous des voiles rouges, très traditionnelle. Descente en 2° courte pour moi, traversée tout aussi épique de l’oasis entre palmiers et maisons à étages adaptées au terrain, et surprise, goudron ! Vite interrompu par des radiers emportés, les gorges striées dans tous les sens nous émerveillent et on bivouaque au-dessus de l’oued, un de nos plus beaux coins, malgré l’orage habituel.

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Goudron pour Akka Gurkhe et sa large avenue à lampadaires, puis RN12 pour Tata, qui a beaucoup changé, il y a tout un nouveau quartier, déjeuner sous des arcades rejoints par des Marocains, on fait très couleur locale ! La ville est plus que calme….

R109 pour Imitek : en 33 km, on croise une voiture. Puis piste 7085 pour Akka, qui nous permet de découvrir de bizarres concrétions noires. Impression de safari en Afrique Noire, acacias mais pas de girafes ! Il fait chaud, la brume nous poursuit. RN12 jusqu’à Aït Herbil. Une séance Ozi pour 2 motards français pendant que je me régale d’1/2litre de lait, nous n’avons pas de glacière…La piste pour Tamsoult est dévastée, tous les radiers sont éventrés, l’oasis a bien souffert. On y croise un marchand ambulant qui a étalé toute sa friperie, les femmes virevoltent autour. L’oasis d’Igmir nous semble également en piteux état. Par contre, la montée est bien plus facile qu’avant, plus large et même décorée de quelques glissières de sécurité !

Bivouac sur nos traces de 2006, sauf que la piste ne continue plus, surprise… Nous optons pour un vieil itinéraire vers les gorges d’Aït Mansour, au bout de 30 kms de caillasse et de paysages sans intérêt, on jette l’éponge pour une belle piste à camions puis le goudron. Un SMS nous apprend la naissance d’une petite nièce, bienvenue à elle !

A Taroudant, nuit à l’hôtel Tiout, inchangé depuis 2006 au moins, balade nocturne puis matinale dans les ruelles, tour des remparts, 41°C, on se dirige vers le Nord.

Itinéraire : RN9 pour Agouim – P1510 goudronnée – Toubkal – Tiz n’Tleta – Askaoun – Taliouine – Lamdit – Agounine – Aka Ghuiren RN12 pour Tata – Imitek – 7085 pour Akka – Aït Herbil – Tamessoult – Izerbi – Taslout – Tazalarhite – Aït Abdallah – Souk Tnine - Taroudant

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TAROUDANT – ESSAOUIRA

Après la traversée de la plaine du Sous, le goudron est largement menacé par de gros blocs, Afensou puis Tamsoult où l’on jardine. Et là, je ne peux pas vous raconter si c’est beau, je n’ai même pas fait de photos. Michel prétend que c’était facile. Gandini a noté cet itinéraire comme rouge, avons-nous appris plus tard. Avis aux amateurs de sensations fortes. Pendant plusieurs heures, 3 ou 4, nous avons suivi un chemin quasi muletier à flanc de montagne. La montagne, le chemin d’1m50 de large et le vide. Bien vide. Bien bas. Et j’ai le vertige. Michel prétend que c’est beau, je ne peux pas vous confirmer. Et bien entendu, on a explosé un pneu sur une aspérité. Etonnant, la piste était si large…. Et donc, plus de roue de secours… Mais c’était très beau, paraît-il. Bivouac à un col, l’orage gronde pour parfaire le tableau. Dans un hameau, on ne voit pas la piste…Qu’à cela ne tienne, on va boire le thé avec tout le cérémonial des ablutions, figues etc et on nous confie un petit garçon à déposer au 4° hameau. Le tout en Marocain que nous parlons couramment ! Heureusement, la piste est un chouïa plus large, genre 1m60 ? En 36h, nous croisons un pick-up local, à l’arrêt heureusement, les hameaux sont vraiment isolés….Le progrès n’est pas encore arrivé jusque-là.

A Argana, la piste qui longe la RN8 est coupée définitivement, l’oued est haut et bien marron. Nous nous dirigeons tranquillement vers la côte, en passant par les cascades d’Imouzzer. Vaste plaisanterie. Là encore, la réalité ne correspond pas vraiment aux descriptions des guides….pas d’eau du tout, sale, il pleut, on fuit. Encore un truc de fait, coché, à éviter.

Côte atlantique, nous voilà ! Visite d’Imsouane, animation, odeurs, le port est très actif, très marocain. Ce village comporte même un quartier de petits immeubles avec de superbes voitures : premier contact avec le tourisme local qui se développe fortement, comme nous le verrons plus tard. Mais quelle saleté….Pas découragés, on continue par la piste vers le Cap Tafelney, le Saint Trop local ...! Chacun ses critères. On y croise un groupe de marcheurs francophones, suivis de chameaux de bât. Plage de Kaouki, quelques touristes à chameaux ou quads, toujours sale.

Essaouira sous la pluie, si si, nous l’avons fait pour vous ! L’hôtel indiqué par nos enfants étant complet, on arrive au Dar Nafoura, en pleine médina. Une très bonne adresse, que nous recommandons chaudement. Nouvellement repris par une Espagnole, elle a toute mon admiration. Nous y passerons 2 nuits, car 2 Toy amis nous rejoignent. La médina n’a plus de secrets pour nous, le port non plus. Nous nous sommes régalés de poisson frais, de boutiques en tous genres, mais aussi d’odeurs et d’une cohue indescriptibles. Trop pour nous. Le tourisme local se développe vous dis-je. Pas beaucoup d’Occidentaux, les chiffres de fréquentation du Maroc accusent une baisse d’au moins 30% cette année paraît-il. En plus, j’ai eu froid tout le temps.

Itinéraire : Taroudant –Afensou – Tamsoult – Ismaïl - Argana – Inzerki – Arbahlou -Imouzzer – Imsouane – Cap Tafelney – Kaouki – Essaouira

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ESSAOUIRA – CEUTA

Goudron pour Marrakech, stop pour admirer une razzia lors du Moussem de Sidi-Moktar. Nous allons enfin visiter le Jardin Majorelle, un havre de calme, pas trop de monde, on y déjeune. Notre ami Bruno, plus prévoyant que nous, nous a prêté un pneu, qu’on s’empresse de faire monter sur la jante et nous pouvons donc reprendre les pistes avec une roue de secours. C’est quand même mieux !

Demnate, le pont Imin’ifni que nous avons connu bien moins embouteillé que ça….Piste Orangina utilisée en 2003, après un bivouac bien calme, demi-tour : piste trop cassée. Deviendrait-on raisonnables ?? On renonce au col Tizi n’ Tirlist, où nous avions pu admirer de belles gravures rupestres. Aït Baïl ( ?), les canaux d’irrigation sont pleins d’eaux, lessive partout, c’est coloré. L’orage menace, déjeuner rapide au bord de l’oued très actif…

La Vallée des Aït Bou Guemez est verdoyante, gîtes d’étapes à tous les coins de « rue », pommiers, noyers, même des cascades. Incroyable. De l’eau partout, la piste est belle, col à 2500m, on voit de la neige sur un sommet, magnifique descente jusqu’à Zaouia Ahanesal, un régal. Bivouac sympa en face de la Cathédrale (Rocher de Mastfrane), monolithe réputé pour les amateurs de Maroc. Nous avons donc fait cette piste sans AUCUN souci, ce qui n’est pas toujours le cas. La traversée de l’oued se fait sur un pont en bois tout neuf, les 2 autres étant en miettes….

Direction Anergui, à Tilouggite, l’oued est TRES fort. Même les Marocains prennent des photos, quelle différence avec nos passages précédents. Il a vraiment beaucoup plu dans la région. D’ailleurs, la large piste au-dessus du lac de Bin el Ouidane est visiblement abîmée récemment.

Sur un plateau, une petite piste démarre fort, mais c’est beau. Et nous croisons 2 cousins du Toy, c’est chouette : on sait que la piste débouche ! De grands troupeaux mais peu d’habitations.

Certaines routes sont légendées comme dangereuses par la carte Michelin. En fait, ce sont les conducteurs qui sont dangereux… il y aurait beaucoup à dire sur les inexactitudes cette fameuse 742, bible de tous les voyageurs, mais la liste est trop longue ! Bref, de piste en goudron, nous passons à Aghbala et ce sera le seul soir où nous avons du mal à trouver un bivouac sympa. Grand plateau cultivé, des fermes partout, c’est relativement plat, et anomalie : pas de chemins de champs, pas d’entrée de champ, tout est cultivé. Pratique ! En fait, on ne sera pas dérangé lorsqu’on trouve 4m2 plats et libres… Couchés comme les poules, il fait froid, on est à 1800m d’altitude.

D’habitude, j’aime faire des photos de fleurs. Au Maroc, on a fini par s’extasier en croisant ce jour-là 3 malheureux coquelicots et des chardons violets. Ce n’est sans doute pas la bonne saison.

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Et nous voilà dans la région d’Ifrane, cèdres, magots, nuages, brouillard etc. Détour par l’Aguelman Afenourir (lac) : quelques cigognes et leurs bébés, des couches culottes d’humains par terre, l’enthousiasme nous fait défaut. Et nous crevons pour la 3° fois. Le soir, nous avons la chance d’observer une famille de singes cachés dans un cèdre. Le lendemain, au bord de la route, vers le Cèdre Gouraud, plein de singes. En fait, nous sommes tristes : ils sont là car attirés par les poubelles, jouent et tentent de manger les emballages de chips, les bouteilles plastique….

On se voyait déjà boire un pot au soleil à Ifrane après le 13°C du matin. Nous avons fui. Une ville transformée, belle, verte et propre mais une foule pas possible. Des cars entiers de touristes locaux faisant des selfies dans tous les coins. Nous qui avions connu cette bourgade endormie, calme et atypique, nous avons tourné casaque, malgré une bonne odeur d’herbe coupée. Vous pouvez vous imaginer cette odeur après 3 semaines de poussière ?? Incroyable. Imouzzer a bien changé également, on poursuit sur Fès. Réparation du pneu : le gars ne trouvait pas que c’était raisonnable, mais on ne peut pas rentrer sans roue de secours. Dimension quasi introuvable ici.

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A Fès, immersion dans la médina, c’est vivant, chatoyant, très chouette, et pentu !! Garés sur un parking officiel, lorsqu’on revient le Toy est bloqué par une voiture. Ne t’inquiète pas, elle n’est pas fermée, on enlève le frein à main et c’est bon. OK !

R501 pour Chefchaouen. 120 km en 2h30. Du coup, quitte à ne pas avancer, on prend encore une route intitulée dangereuse. Très jolie, pas plus dangereuse que bien d’autres et bien goudronnée.

Chefchaouen : les hôtels sont complets. La grande foule partout. Les Marocains se réapproprient leurs lieux touristiques. On échoue à l’hôtel au-dessus de la médina, Michel en a assez, pas envie de camper. Jolie vue et bonne soirée, peu, très peu d’Occidentaux, je m’amuse à marchander un tapis pour notre fille.

Il est temps de rentrer, nous saturons. Retour par Ceuta, sans aucun problème. Les flics nous font doubler un bon kilomètre de queue, on n‘a rien demandé, rien payé ! Nous prenons nos billets à l’embarquement et bénéficions d’un tarif que nous trouvons attractif : 111.90€ pour 2 + le 4x4.

Itinéraire :

Essaouira – RN8 Marrakech – Tamelelt – Demnate – Imi n Ifri – Aït Bou Guemez – Cathédrale (= Mastfrane) – Tilouggite – Aghbala – Arbahlou n’Serdane – Kerrouchen – Col de Senoual – Imerwassen – aguelman Afenourir – Azrou – Ifrane –imouzzer Kandar – Fes – Zoumi – Chefchaouen – Ceuta

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EUROPE

Algésiras, plein nord pour Ronda et son camping repéré au printemps. Même emplacement, toujours aussi bien, je profite de la piscine. Comme au printemps, le GPS est plus que fâché avec cette ville, il nous fait tourner en rond, à croire qu’il y a un maléfice ! Contournement de Madrid un vendredi soir à 17h, finger in the nose. Ah si Paris était ainsi….

Bien entendu, lorsqu’on commence à penser bivouac, des orages gargantuesques se déclenchent et vu la bonne terre rouge aux alentours, on se réfugie à l’hôtel à Calatayud. Traversée des Pyrénées sous la pluie. Et nous sommes samedi 22 août, classé noir dans le Sud-Ouest. Et nous n’avons eu aucun souci, aucun ralentissement ! Arrêt plus qu’agréable dans le Tarn et Garonne chez des spécialistes du Maroc, merci à eux de nous avoir accueillis impromptu aussi chaleureusement.

Un bivouac bucolique au-dessus de Limoges, on a dû chercher 30 secondes, comme quoi, c’est encore possible en France… et devinez quoi ? Pluie une bonne partie de la nuit…

Vous l’avez compris, nous avons été un peu déçus par la météo !

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BILAN qui peut choquer, mais qui est le reflet de notre ressenti.

Nous sommes revenus enchantés de ce voyage au Maroc, les paysages, la gentillesse des gens, la facilité pour trouver des bivouacs selon nos critères (isolement, beauté, calme). Vous sentez un « mais ». Une certaine lassitude s’est installée rapidement vis-à-vis de la saleté. Nous n’avons pas été surpris, plutôt le contraire dans certaines régions, mais il y a encore du boulot. Ce ne doit pas être si compliqué d’équiper chaque hameau d’un fût en métal pour pouvoir y brûler les déchets. Je sais, ce n’est pas bien de brûler des plastiques, mais n’en déplaise aux écolos, c’est moins négatif que de transformer chaque ravine, chaque oued en dépotoir à ciel ouvert. J’ai vu un enfant déféquer entre 2 maisons. Alors que, généralement, les maisons sont très propres.

Nous craignions également les enfants « mendiants ». Agréable constat : beaucoup moins qu’avant. Il est vrai que nous avons globalement emprunté des pistes moins utilisées que lors de nos précédents périples. Force est de constater qu’ils demandent un stylo, ou autre, mais ne savent pas un mot de français. Car contrairement à ce que pensent certains Français, les Marocains des champs ne parlent pas français, une des langues officielles du royaume.

Nous avons été surpris de constater combien ce pays se développe, mais pas partout. Nous avons été encore très sensibles à l’affectation de l’argent public. Des villages sont dotés de dizaines de lampadaires, alors que les gens n’ont pas forcément l’électricité chez eux. Combien de bâtiments officiels flambants neufs, pas entretenus, pas utilisés alors que le reste de la bourgade n’a pas une poubelle, par exemple. Sans parler des anciennes structures coloniales vandalisées et abandonnées.

Le réseau routier est toujours aussi aléatoire, surtout si on se base sur la carte ! Une route goudronnée en 1997, déjà bien abimée en 2008, est actuellement quasiment impraticable (zone de Khénifra). D’ailleurs, nous avons trouvé une grande différence entre les pistes et les routes : non pas le goudron, puisqu’il est volatil, mais les bornes kilométriques. S’il y a des bornes, c’est une route, sinon…

En tant que femme, j’ai été sensible au développement du port du voile noir, toujours selon les régions. A Erfoud, à Essaouira nous avons croisé des femmes entièrement masquées. Et partout, absolument partout, des mosquées récentes avec des minarets ostensibles, parfois beaux d’ailleurs.

Si nous retournons un jour au Maroc, l’éventail des destinations possibles se réduisant comme peau de chagrin, ce sera une autre période car nous y avons toujours été en août.

 

Et pourquoi voyageons-nous de cette façon ? Parce que. Plein de raisons difficiles à expliquer, mais pour nous c’est une évidence (surtout pour moi, je reconnais !). Le voyage solitaire en 4x4 permet d’accéder des paysages grandioses, sauvages, purs, durs, déserts alors que je ne suis pas marcheuse. Quel bonheur de trouver un coin où il n’y a personne, quelle sensation de liberté, d’espace. A chaque carrefour, nous savourons notre totale liberté ; le soir, nous ne savons pas ce que nous ferons le lendemain.

Dans tous ces pays que nous aimons tant, Albanie, Turquie etc la nuit, le ciel vous offre ses milliards d’étoiles. Pendant 3 semaines, nous n’avons pas vu une trace d’avion. Pour nous Parisiens, quelle jubilation. De l’espace autour de soi. Le silence. Une vie simplifiée. A part l’essence, pas de gaspillage, une vie basique (pas de glacière, douchette extérieure avec 3 litres d’eau pour nous 2). Etre dehors, lorsqu’on rentre chez nous, c’est quelque chose qui me manque beaucoup.

Je suis consciente que ce sont de fausses sensations, car nous avons dans notre véhicule plus de confort que la plupart des locaux chez eux.

Donc, pour le moment, pas de projet, mais ça reviendra sûrement !

A la prochaine j’espère…

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Publié par voyageur voyageur78s
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commentaires

Voyageur 10/04/2016 11:04

Bonjour

Oui peut-être au plaisir de se croiser au Maroc "hors-route" ou ailleurs .... mais toujours si possible hors-route et surtout dans des paysages grandioses....!
@+ Michel

Jean-François 10/04/2016 10:52

Bonjour,
En passant par CasaTrotteur, j'ai trouvé votre blog et ce "reportage" sur le Maroc 2015.
Il semble que nous avons été en contact aussi avec Alain et Fabienne de Belgique, qui recherchaient des co-raiders...
Merci pour ce témoignage que je partage à 100%. Un raid dans ces contrées, c'est autant que possible "no-goudron" et le plus de bivouacs sauvages possibles... des paysages grandioses juste pour "le plaisir des yeux" !!!
J'aime aussi beaucoup le compte rendu du voyage, simple, précis, ressenti et emplie "d'images" quand on y est passé...
Peut-être à un de ces jours ...?
Jean-François et Odile (du 45).

Amazighland 13/09/2015 12:12

Bonjour,
A propos du "Rekkam" c'est un plateau situé dans l'oriental et a connu sa gloire dans les premières étapes du Paris-Dakar c'est assez monotone en paysage, on s'en lasse très vite (moi je trouve).
A propos du Djebel Sarhro, cool !!! tu n'a pas fait le plus dur et plus éprouvant pour le serrage des fesses. Genre Nekob > Boulmane Dades ou plus loin vers Skoura> sud.
Dommage que tu n'a pas fait Bouarf > Ich puis Ich > Figuig > Mengoub > Boudnib. Oui, ça longe la frontière algérienne, mais pas de problèmes, les militaires sont là et te surveille pour ta sécurité (des militaires avec le cœur sur la main). Deux belles pistes.
Comme je le dis souvent, "il faut du temps au temps" et faire changer les mentalités au niveau des ordures et autres ??? y a des progrès mais surtout visible dans les villes.
Quand aux voiles et autres signes de "radicalisation" il suffit d'avoir l'esprit un peu tordu par les medias et yop, on en vois partout. La vrai cata, ce sont tous les paysans poussés par la pauvreté dans les grandes villes sans un seul mode d'emploi et de comportement de ces villes.
Ca à créé une fracture culturelle (comme dirai l'autre) entre le 21e siècle et le 18e.
En ce qui concerne les dernières élections, c'est toujours le PJD qui est au pouvoir. Pouvoir bien limité car le roi qui veille, garde tous les postes clef. Pas de soucis à l'horizon. Ne pas comparer avec les autres pays du Maghreb, ce n'est pas le mm vécu, ce n'est pas la mm histoire.

voyageur 13/09/2015 10:40

Bonjour Foutras et merci de ce commentaire objectif et argumenté !

Globalement nous sommes d'accord et nous avons bien écrit :
BILAN ....
Nous sommes revenus enchantés de ce voyage au Maroc, les paysages, la gentillesse des gens, la facilité pour trouver des bivouacs ..........« mais ». Une certaine lassitude .....vis-à-vis de la saleté. Nous n’avons pas été surpris, plutôt le contraire dans certaines régions, >>> [donc nous aussi nous avons vu du progrès]

Fourtas 13/09/2015 09:41

Beau voyage.
Je commente car j'ai cru relever un soupson de retours négatifs et la réponse de zep me fait réagir.
Comme vous, nous en sommes a notre xieme Maroc, ce depuis 2002 mais nous en faisons un bilan subjectif certe mais différent.
Pour ce qui est de la propreté, nous avons ces dernières années constaté un reel progrès. Il y a 5 ans, quasiment impossible de trouver une poubelle en traversant les villages pour y déposer nos déchets. C'est maintenant possible. Pour ne citer que Taroudant, j'ai souvenir de LA place jonchée de poubelles dans les caniveaux attendant leur ramassage... et bien cette année Taroudant était propre.
Nous avons donc trouvé que globalement même s'il reste encore beaucoup " d'arbres a sacs" le Maroc a fait de reels efforts de ce côté la.
Côté voiles des femmes, la on vous rejoint. Pas de doute l'islam radical gagne du terrain. A noter pour "les frileux" je cherche un endroit ou nous aurions pu être mal à l'aise sur ce point.
Plutot que Chefchaouenne, nous avons privilégié de dormir car enfin possible a Moulley Idriss, ville sainte. Et bien que du bonheur.
En un mot, le Maroc vous pouvez encore y aller, c'est toujours un pays ou l'on se sent bien.
Marc d'Antibes (Fourtas)

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