Voyages Hors Routes

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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 18:04
Turquie Août-Septembre 2013

 

7 semaines ...

 

7 000 kms sur place, et 13 000 Kms  en tout,

 

70 % de pistes, d'Istamboul aux frontières de l'est (Géorgie, Arménie, Iran)

Le récit du voyage ci-dessous et un diaporama plus complet là..

 

Et pour ceux qui partent :  quelques points de  bivouacs  sous ozi (beaucoup dans des champs moissonnés, donc attention selon la saison)  et des traces réduites (sous ozi - facteur 1/20 pour une idée de parcours) ainsi qu'une base cartographique.

Tour de Turquie 2013

Tour de Turquie 2013

Un long voyage, appréciation qui fera sourire certains voyageurs au long cours ! On a rapidement perdu le compte des demi-tours et des barrages hydrauliques...

Notre voyage commence par un bivouac qui aurait pu être très sympa, derrière un cimetière autour du Lac de Garde....et tout près d'un élevage porcin, en tout cas, c'est l'interprétation que nous avons donné de la symphonie nocturne.

Bivouac dans un champ croate, où nous avons la visite d'un tracteur armé mais sympathique.

Bivouac dans un champ serbe en direction d'un poste frontière Serbie/Bulgarie franchi en 2009. Le GPS refuse de nous y emmener, dans le doute, demi-tour vers le passage classique au nord. Pas joyeux car nous avons déjà contourné le poste officiel Croatie/Serbie pour cause d'embouteillage monumental, pour passer sans encombre par Sid (le douanier rigole devant mes 5 prénoms...). Et effectivement, nous y retrouvons tous les magnifiques véhicules rutilants, plus ou moins 4x4 de luxe, Allemands et Suisses. Les rares Français ont des voitures "normales" ! Nous sommes le premier week-end d'août, fatale erreur. Bref, après 2h d'une lutte de tous les instants face aux Turcs qui ont leur propre notion de la file d'attente, nous voici en Bulgarie, où nous finissons à l'hôtel dans le vieux quartier de Plovdiv, faute de trouver un bivouac qui nous plaise.

Donc, toujours pour éviter la cohorte des véhicules, je repère sur la carte papier, un passage Bulgarie/Grèce puis un Grèce/Turquie au sud permettant la visite d'un superbe pont ancien à Uzunkopru. On y va, tout contents, Svilengrad et son pont Mustapha Pasha, la Grèce, la route submergée de Metaxa...vous devinez la suite, merci IGN, il n'y a jamais eu de frontière à Petrades/Eskikoy, le GPS qui nous traitait de tous les noms avait raison, 150 kms pour rien.

A la frontière turque de Kastanies, le douanier a montré mon passeport à tous ses collègues : 4 ans plus tôt, jour pour jour, nous entrions en Turquie. Contrôle du chargement de la voiture : à la vue d'une spatule rose, l'uniforme éclate de rire ! Bonne méthode pour cacher le saucisson ? En tout cas, il n'a pas cherché plus avant.

Edirne toujours aussi animée, sympathique prise de contact avec la Turquie. La mosquée est vraiment belle, quelques vieilles maisons en bois, un p'tit tour et puis on s'en va chercher un bivouac, dans un ancien champ de tir avec char abandonné : ça change des bunkers albanais !

Edirne  -  Istamboul  la nuit - Le Bosphore
Edirne  -  Istamboul  la nuit - Le BosphoreEdirne  -  Istamboul  la nuit - Le Bosphore

Edirne - Istamboul la nuit - Le Bosphore

 

Trois jours magnifiques à Istanbul, où nous sommes rejoints par nos enfants, que du bonheur.

Guidés par notre fils qui envisage un marathon, nous avons écumé Istanbul, ses mosquées, les souks, le Bosphore, Topkapi, etc. Impossible de tout raconter, mais un conseil : ne vous arrêtez pas à la Mosquée Bleue, tant d'autres méritent votre visite. Regardez les photos d'Istanbul et des mosquées , car elles sont trop belles ! C'est la fin du Ramazan, comme ils disent là bas, juste le jour où nous quittons cette grande ville de 12 millions....finalement, on s'en tire pas trop mal, on passe en Asie, mais c'est de plus en bouché.

On sort de l'autoroute et le voyage commence vraiment. A nous la redécouverte de ce grand pays, par le nord vers l'Est. Pendant des jours et des jours, on ira droit vers l'Est. Facile ! Nous ne longeons pas la Mer Noire, car nous avions été un peu déçus, restons environ 100 kms en dessous. Le but théorique est l'Arménie par la Géorgie, mais à chaque jour suffit sa peine. Pour la 1° fois, nous sommes partis sans date de retour, et c'est un beau sentiment de liberté. Alternance de routes et pistes, en traversant la ville de Menge, spectacle offert par 2 danseurs en rouge et leurs musiciens. Il y a de belles forêts de pins, la température nous convient avec 35°C en journée.

 

En parlant de liberté, la fermeture éclair principale de la tente a décidé qu'elle ne voulait plus fermer...ce qui n'est pas l'idéal pour se protéger des moustiques. Séance de bricolage pour lui faire entendre raison, seule solution trouvée : la coudre en laissant juste 20 cms pour qu'on se faufile dedans grâce à la 2° fermeture, parallèle au sol. Désolée, je n'ai pas pensé à faire de photos de Michel en action, et la tente n'existant plus, vous saurez plus tard pourquoi, je ne peux pas le remettre en situation. Quel suspense !

Safranbolu, ses jolies maisons en bois, ses rues piétonnes où le GPS nous envoie tout droit (façon de parler, vous connaissez beaucoup de rues toutes droites en Turquie, Grèce, Sardaigne ou autre ?). Notre incursion se passe dans le calme, il y a même quelqu'un qui fait la circulation pour qu'on s'en sorte sans renverser les étals...Visite de l'aqueduc de Incekaya, impressionnant de marcher dessus quand on a le vertige comme moi. Oui, l'accès est fermé, mais les visiteurs ont depuis longtemps tracé un autre chemin pour y monter....Il y a du monde partout, la fin du Ramazan leur permet un long week-end ! On trouve facilement un bon bivouac à moins d'1 km.

Danseurs de rue - acqueduc près de Safranbolu
Danseurs de rue - acqueduc près de SafranboluDanseurs de rue - acqueduc près de Safranbolu

Danseurs de rue - acqueduc près de Safranbolu

Le lendemain, on attend que le gardien arrive pour visiter les Grottes de Bulack Mencilis Magarasi (3LT/pers), c'était vraiment surprenant. Promenade dans le village de Yoruk Kolu, visite d'une vieille maison en bois, charmante (2 LT/pers), j'y apprécie les broderies exposées. Peut être notre future maison ?....blague récurrente, dans nos périples, on cherche toujours notre maison idéale !

La mosquée de Kasaba, dont la particularité est d'être en bois elle aussi, vaut vraiment le détour, et on n'a pas été dérangés par les touristes...le bois provenant sans doute des forêts de pins sylvestres alentour, où Michel venait de faire le sieste.

Yorik Kolu  &  Mosquée de KasabaYorik Kolu  &  Mosquée de Kasaba

Yorik Kolu & Mosquée de Kasaba

Kastamonu, on trouve un café wi-fi mais personne ne parle ni anglais ni allemand ; on nous offre quand même des petits gâteaux délicieux !

Une petite route coupée dans un hameau par les travaux des champs....discours, force gestes et dessins à l'appui pour nous indiquer un itinéraire bis. C'est sûr, on n'a pas tout compris, mais tout le monde a bien rigolé !

Dans une forêt du Parc de Pinus-Nigra, nous découvrons un genre de pluviomètre, qui n'en est évidemment pas, mais on ne comprend pas son utilité. Par la suite, il y en aura dans d'autres forêts de pins, tous les 50m. Si quelqu'un peut éclairer notre lanterne ?

Le trajet entre Kiyik et Tosya est donc très agréable, souligné de vert par IGN, la vallée de la Kizilirmak est assez torturée, ensuite zone agricole intensive moins accueillante.

On se réconforte avec Amasya, la citadelle, les tombes rupestres, la belle Sultan Beyesit 2 Camii de 1486. Nous sommes adimanche et nous croisons beaucoup de cortèges de mariage, voitures décorées, plaques d'immatriculation cachées par les prénoms des mariés. Beaucoup de vitrines de robes de mariées étalant leurs kilomètres de froufrous !

Turquie Août-Septembre 2013
Turquie Août-Septembre 2013Turquie Août-Septembre 2013

Dans cette région, nous aurons fait pas mal de goudron, pas drôle, mais l'Est nous attend ! Lors d'un arrêt fontaine, un quad passe, piloté par une femme ; son mari la suit sagement avec le tracteur. Quand on vous dit que la Turquie change !

Avant Mesudyié, jolie gorge, ensuite une piste à 2000m d'altitude, dans les ''yaylalar'' (pâturages d'altitude) et forêts de pins. Dans un hameau de montagne, arrêt foto d'une vieille pierre creuse, invitation au cay, repas, heureusement une jeune Yesim parle un peu anglais. La vieille pierre est donc l'ancêtre des énormes bassines en plastique coloré pour la lessive ! Nous déclinons l'invitation à dormir, la conversation est trop laborieuse. Yesim m'a fait visiter leur maison, peu de meubles mais un énorme frigo antique, j'étais ravie de cette occasion de pénétrer un peu l'intimité d'une famille turque.

Nous croisons parfois des choses surprenantes. Au détour d'une piste, à un col, une ébauche de parc à piknik, avec les kiosques habituels, une petite piscine, une belle statue. Le parc s'appelle Ataturk, évidemment, mais rien n'a été vraiment fini, et tout est à l'abandon, au milieu de nulle part...bizarre.

La foule au marché de Sebinkarahisar nous impressionne, on achète des fruits inconnus et bons (entre autres), sa citadelle, sa station d'essence où on nous offre du très bon café noisette, hum ! Paysages dentelés, pelés, vers Alucra, pitons, gorges et technicolor, village de Koman, nous pouvons confirmer que le bac ne fonctionne toujours pas. Ah non, ça c'est en Albanie, oups ! Après déjeuner dans un coude de rivière, lessive, shampoing etc, immense montée parmi de vieux thuyas. La forêt laisse place aux yaylalars, personne à l'horizon, jusqu'au col gardé par une grande mosquée à la croisée des chemins. On les essaiera d'ailleurs tous avant de trouver le bon ! Donc, une mosquée toute neuve, quelques masures, préparation du mouton pour le méchoui, qui embaume au col suivant (2300m). Scènes que l'on reverra plusieurs fois. Visiblement, les Turcs aiment organiser de grandes réunions au milieu de pas grand chose, nous n'avons malheureusement pas réussi à nous faire inviter. Mais il y a un sacré marché pour la chaise en plastique blanche empilable !

On découvre aussi, toujours à relativement haute altitude, des villages ou hameaux de maisons visiblement très récentes, de même modèle simplissime, propres, électricité et paraboles, très peu de voitures, une seule mosquée par village. On suppose que c'est le résultat de la politique de sédentarisation des nomades ? Restent-ils là l'hiver ? Je n'irai pas vérifier, ce genre de climat ne me va pas au teint !

Turquie Août-Septembre 2013Turquie Août-Septembre 2013
Turquie Août-Septembre 2013
Turquie Août-Septembre 2013Turquie Août-Septembre 2013

La route est coupée à la sortie d'un village par un engin de terrassement. Ouf, on trouve de quoi contourner par un autre village, parce que c'est pas tout ça, l'Est nous attend toujours ! Le soir, nous testons un aggloméré de viande de boeuf acheté dans une vraie boucherie, eh bien, c'était très bon !

Je dis que l'Est nous attend, mais ça y est, nous avons dépassé le point le plus à l'Est que nous ayions atteint en 4x4....oui, encore une fois, les grands voyageurs sourient finement !

Des pistes gravillonnées nous permettent parfois de voir de très près l'avant d'autres véhicules, comme un superbe De Sotto bleu ciel qui a certainement eu aussi peur que nous, car lui savait qu'il n'avait pas vraiment de freins....je vous le dis, FAITES ATTENTION, VOUS N'ETES JAMAIS SEULS ! Un remonte pente à Zilgana Gelcidi, col à un "rakim" de 2010m et ses méchouis, et à 2600m on bascule vers le côté obscur....un brouillard, rarement rencontré un 14 août, sauf en Islande. Paysages islandais donc, c'est à dire qu'on ne voit rien, pas même la 4L en face qui n'avait pas jugé utile d'allumer ses phares. Au moins, moi qui adore ça, je ne voyais pas le ravin non plus....

Vers le monastère de Suméla

Vers le monastère de Suméla

Tout ça nous conduit à un de mes objectifs de ce voyage : le monastère de Suméla. Nous sommes sûrement les seuls, en plus de tous ceux qui ont fait comme nous ce jour là, à nous faufiler jusqu'au parking, en ayant payé le droit d'entrer dans un parc national judicieusement placé sur l'unique route d'accès à ce site, y trépigner 1h pour arriver à faire demi-tour sur place comme les autres ....et repartir sans avoir vu le moindre petit bout du monastère, faute de pouvoir se garer....un monde, mais alors un monde.....la Turquie est un pays qui se développe à grande vitesse, et ça implique le développement du tourisme domestique....changement énorme depuis notre première incursion dans ce pays en 1999. Avons vu quand même notre première immatriculation d'Azerbadjian, et une d'Iran, quand je vous dis qu'on va vers l'Est. Pour mon premier rêve, ce fut donc raté, mais ça ne fait rien, on continue ! Ce soir là, nous avons trouvé un bivouac in-extremis, en montagne et forêt, ce n'est pas toujours facile. Grâce à la pluie, nous avons pu tester l'efficacité du tarp, dernier ajout à notre équipement grand confort. Pas de fermetures éclairs, c'est un bon point (rapport avec la tente, pour ceux qui ne suivent pas).

Navigation sur des pistes entre 2400 et 2700 m d'altitude, on finit par quitter la mer de nuages pour retrouver le soleil et quelques degrés appréciés. J'en profite pour me lancer dans une série intitulée fleurs endémiques de Turquie, il y en aurait 1200, et vu mes connaissances en botanique, j'ai photographié toutes les jolies petites fleurs rencontrées, sauf les pissenlits ! Nous sommes à environ 70 km au sud d'Arakli, donc de la Mer Noire. Route vers Bayburt, on retrouve les grands plateaux anatoliens, en pleine moisson, beau patchwork de couleurs ocres dans les champs, parsemés de machines qui trient le grain en plantureuses mottes jaune beurre. A Bayburt, visite du chateau du 13° et 14° siècles, entrée et escalades libres, déjeuner en terrasse le long de la rivière qui sert de poubelle bien entendu (26LT pour deux), pas de wi fi accessible, dommage. Vallée de la Coruh Nehri, pas mal de Français et d'Allemands dans cette région. Ispir, sa citadelle doublée d'un temple romain. Vue sur le vieux chateau de Devedagi et les monts Kackar 3711 et 3992m, grande descente qui nous dépose dans un immense chantier, ça manquait...encore un nouveau barrage.

Turquie Août-Septembre 2013Turquie Août-Septembre 2013

Découverte de la région de Yusufeli, grand centre touristique à l'aulne turque. La révolte y gronde, bien que ce ne soit pas la Place Taksim, car cette vallée doit être submergée par un autre barrage. Nous ne pouvons porter de jugement sur le bien fondé de ce nouveau barrage, en plus de ceux qui existent déjà, mais il est vrai que ce coin est très très joli. Les montagnes nous rappellent les couleurs de la Death Valley ! On entame la série des églises géorgiennes avec le monastère de Dortkilise, à voir. En plus, nous avons l'occasion de bavarder avec des jeunes mariés....de Belfort. Invités à la fête, nous n'osons pas accepter : ni robe longue ni smoking dans El Toyo...Au village, la boutique Turkcell nous offre le code du wifi, essayez chez Numéricable ou SFR ! L'église d'Ishankilisi est en restauration, ce qui est encourageant, car elle semble très belle. Peut être aurez vous compris que ''kilisi'' ou ''kilisesi'' signifie église ?

IshankilisiIshankilisi

Ishankilisi

Lonely Planet nous fait faire une jolie boucle goudron par Oltu et visiter château, cascade, etc. Et un A/R de 30 kms pour l'église arménienne de Bana, majestueusement posée sur un tertre au milieu des prés. Sa forme en rotonde la rend très originale, ainsi que son chemin d'accès : c'est en 4x4 ou à pied. Et bien entendu, aucun panneau de signalisation. Si votre guide ne vous en parle pas, tant pis ! Repéré sur l'IGN une piste qui coupe un peu la boucle goudron à la sortie d'Otlu : un superbe 4 voies nous accueille. La famille nantaise qui nous a offert un cay très copieux (juste après déjeuner, bien sûr), nous a expliqué que cette route va passer en 6 voies car trop de circulation (ah bon ?) : beaucoup de poids lourds vers l'Irak et son tabac. Au monastère de Bagbasi, ou Meryem Ana Kilisesi ou Tas Camii, nous croisons un petit car de touristes géorgiens. Ils doivent trouver qu'on ne protège pas beaucoup les reliques de leur culture...Un Turc de Charleroi nous fait attendre l'arrivée de l'imam pour que nous puissions visiter l'intérieur. Puis Osvank Kilisesi, une cathédrale ouverte à tous les vents, adossée à une mosquée plus recente et aux maisons du village. Incroyablement grande et abandonnée....ce sera à peu près la seule fois où on se fait solliciter par des enfants, qui jouaient au ballon à l'intérieur.

église de Bana - Bagbasi -  Osvank Kilesi
église de Bana - Bagbasi -  Osvank Kilesi église de Bana - Bagbasi -  Osvank Kilesi

église de Bana - Bagbasi - Osvank Kilesi

Bref, une belle journée à 30°C, on s'est rempli les yeux, je vous recommande cet itinéraire, qui nous a ramenés à Yusufeli, où nous avions repéré un hôtel tout neuf. Pause, avant de poursuivre vers l'Est, direction Artvin, la frontière géorgienne.

Nous apprenons que le musée Sainte Sophie de Trabzon, recommandé par tous les guides, d'abord église puis mosquée comme souvent, a été renommée mosquée....

Une piste monte, on se croit retournés en Islande, du côté de Hrafinnsucker (ortografe approximative), sans fumerolles et au moins 20°C de plus. Une magnifique palette de couleurs dans la montagne et une récolte de mûres, mirabelles et prunes, un régal ! La trace suivie, de 2010, nous emmène tout droit dans un lac de barrage...demi tour, essai de 2° piste, effondrée, une troisième nous permet de sortir de là, sans transformer le Toy en amphibie, ouf ! On admire sur l'autre rive, une jolie église géorgienne blottie entre les arbres. Ce lac immense nous donne envie de transposer ici le bac de Koman d'Albanie, pour une magnifique promenade dans ces vallées submergées....

Turquie Août-Septembre 2013

Château d'Ardanuc, Cehenmen Derisi Kanyonu, recherche de l'église Yeni Rabat, indiquée une seule fois et bien ruinée, au bout d'un chemin défoncé. Yalnizcam Gecidi (=col) à 2580m, on retrouve malheureusement brouillard, froid et orage pour un bivouac le long de la Kura Cayi, très très joli quand même. On profite du spectacle de 4 tracteurs amicaux, transformés en yétis par le fourrage débordant de partout !

Passage à Ardahan à 1850m, quelques courses, (du pain pliable, typique de la région) des hôtels plus ou moins ouverts. On se sent enfin à l'Est, ambiance différente, steppe de genre mongole (du moins, on l'imagine comme ça), le ''progrès'' n'est pas encore arrivé jusque là, c'est le bazar, les rues ne sont pas goudronnées, loin de là, mais animées. Les femmes, étonnament, sont souvent vêtues à l'occidentale. Un 4 voies en chantier vers le Gurcistan nous nargue, non on n'ira pas en Géorgie ni en Arménie, trop de kms. Le Seytan Kalesi nous offre un bon moment, accessible par le village de Yildirimtepe qui ne semble pas profiter de la manne des rares visiteurs de ce château du VI° siècle. Comme nous sommes paresseux, le Toy nous a déposés au bout de l'allée piétonne et lampadairisée du site. Heureusement, pas d'autre touristes. Ce fut une constante de notre périple, à part le monastère de Suméla, PAS de touristes....

Piste goudronnée à l'ouest du Cildir Golu, très beau lac, déjeuner au bord de l'eau, moment de sérénité parmi tant d'autres, en face de la frontière Géorgie/Arménie, un silence comme on en entend rarement.

Steppe et route - Seytan KalesiSteppe et route - Seytan Kalesi

Steppe et route - Seytan Kalesi

On croise un chantier d'énorme gazoduc, puis Kars. Ah, Kars sous une pluie battante nous laisse une impression de noir et de bout du monde. Les gouttières permettent un lavage efficace de la voiture ; ville occupée par les Russes, ils ont laissé des bâtiments qui ont du être magnifiques. Château, église, mosquées, pont, de belles choses à voir lorsqu'il fait beau. Mais tout est en ruine, les Turcs n'ont pas encore pris cette région en compte.

Kars

Kars

Route pour le site d'Ani, encore un de mes buts de ce voyage. Le dernier village est un immense taudis, ça nous inquiète pour la qualité de ce qu'on va découvrir. Il y a 1 moto et 2 camping cars italiens, l'accès est payant. Le mur d'enceinte est refait, un petit berger nous montre un grand portail ouvert, on entre par là (à droite). Effectivement, le site est immense, mais....plus qu'à l'abandon. Il sert de pâturage, le seul monument à peu près restauré est la mosquée, bien entendu. Le reste.... Déception, bien qu'il y ait encore une fois une atmosphère de fin du monde. En plus, la frontière avec l'Arménie est juste là, les photos ne montrent généralement pas les miradors !

Ani  ancienne capitale de l'Arménie

Ani ancienne capitale de l'Arménie

Par Essenkent, nous allons au village kurde de Kozluca, pour le Buyuk Kilisesi, qui sert de grange. L'autre église semble un peu mieux conservée, mais on ne s'approche pas, trop d'hommes autour de nous ! Pourtant, ils ont des yeux magnifiques. La région nous fait vraiment rêver à la Mongolie.

Turquie Août-Septembre 2013Turquie Août-Septembre 2013

A partir de là, fini la course vers l'Est, on pique sud ouest.

Dagpinar, sa mosquée en construction, avec récupération de blocs gravés géorgiens ou arméniens. Dans tous les villages, des jandarmas, des miradors...belle piste en montagne et descente superbe sur la vallée de l'Aras : on quitte les plateaux steppiques pour les monts Daglari (3200m). Une voiture de jandarma nous arrête, contrôle des passeports. Ils sont aimables, mais tout de même déployés autour du Toy, qui se fait tout petit au vu des mitraillettes....la frontière est toujours tout près. Nuit orageuse, les troupeaux ne rentrent au village qu'à la nuit noire. Le matin, soleil et visites multiples. Un homme trouve qu'on n'a pas assez à manger et revient 20 mn plus tard avec du pain très fin, pliable et un gros morceau de fromage délicieux. On nous expliquera plus tard que ce pain se garde tout l'hiver, il suffit de l'humecter pour qu'il retrouve sa souplesse.

Berger au bivouac Berger au bivouac

Berger au bivouac

Les pistes sont grasses, El Toyo se prend pour un crabe, on découvre un superbe han 4 kms avant Kuch Mah, gardé par une garnison.

Igdir ville plate, léthargique, beaucoup de vélos, pas de yogurt en dessous d'un kilo ! (nous n'avons pas de frigo). Igdir est à 20 kms de l'Arménie, et près de l'Azerbadjan et Iran. Mais on reste en Turquie, direction le Mont Ararat, évidemment encore un des points remarquables de notre périple, attendu avec impatience. Point culminant de la Turquie à 5137m, symbole de l'Arménie. Et ce fut un des plus grands moments si ce n'est le plus grand de ces 7 semaines. Une piste très dure monte sur le volcan, on croise des nomades de temps à autre. A 3150m on arrête : grêle, tout devient détrempé. Lorsque les nuages se dégagent, nous sommes à 100m de la neige ! La prudence nous fait faire demi-tour, des nomades nous invitent au cay. La boue générale nous fait décliner l'invitation, il fait 10°C. Leurs conditions de vie nous impressionnent. La descente de 17km nous prendra plus d'une heure, autant qu'en montée. C'est un trial géant.

Mont Ararat

Mont Ararat

Le goudron nous amène à Dogubayazit, puis au château d'Ishak Pasa. La foule, au moins 15 touristes turcs et un couple d'Italiens qui a loué un fourgon camping car à Istanbul, donc ça existe. Encore un endroit mythique pour moi, et une visite époustouflante, vaut vraiment le détour comme on dit. Superbe lieu bien restauré, des sculptures incroyables, 366 pièces dont le harem. Allez-y ! C'est beau, beau, beau.

Le lendemain, le beau temps nous offre des vues fantastiques sur le Mont Ararat, on se régale. On croise aussi des tentes du Croissant Rouge, sans doute des réfugiés, kurdes, syriens ? Musée de l'Arche de Noé, qu'on ne visite pas. Le gardien nous montre l'arche (160x30m), échouée dans une colline en face. Pourquoi pas ? !

Ishak Pasa - Mt Ararat - Arche de NoëIshak Pasa - Mt Ararat - Arche de NoëIshak Pasa - Mt Ararat - Arche de Noë

Ishak Pasa - Mt Ararat - Arche de Noë

Nous sommes à 10 kms de la frontière iranienne, on ne résiste pas, on file sur le superbe 4 voies, aucun problème pour aller visiter un trou de météorite de l'autre côté de la frontière. Il suffit de laisser les passeports au militaire qui garde le chemin, et nous aurons mis nos pieds et nos roues en Iran. YES ! Waouh...la météorite de 1892 ? oui, il y a un trou, en effet. Mais l'Iran, tout de même !

Difficile de trouver des pistes pour contourner Dogubayazit, les militaires ne veulent pas nous laisser longer la frontière iranienne truffée de postes de garde, miradors, mitraillettes et autres. Ça nous conforte dans notre décision, prise à regrets, de ne pas nous approcher de la frontière syrienne en ce moment, malgré tous les sites magnifiques à visiter....Bon, plein sud sur une route gravillonnée, le pare brise n'a pas aimé du tout, heureusement, il n'éclate pas. On peut continuer, ce qui ne sera pas le cas plus tard, mais chut....suspense. Déjeuner dans une coulée de lave qui ne nous paraît pas très ancienne, un petit côté islandais, encore, et ET on arrive au Lac de Van ! C'était LE but de la Turquie, déjà en 2009, mais pas atteint, et là, oui !

En plus, une fontaine d'eau potable, me fait comprendre la villageoise, la 1° qu'on trouve depuis plusieurs jours, contrairement aux autres régions de Turquie. Et le lac, bleu, immense, calme. Le séisme de 2011 a laissé des traces : partout, des containers habités, des tentes demi lune, et des maisons à vendre....les gens ont fuit. Bivouac au bord de l'eau, un coucher de soleil 15 étoiles (1638m). Mais ma main trempée dans l'eau ressort avec une pellicule grasse. Déception, on ne se baignera pas dans le lac de Van...contrairement à un Turc matinal. Il n'y a aucune structure touristique en vue d'une exploitation de masse de ce lieu de villégiature potentiel. Au bout d'une piste, un ilôt avec sa chapelle géorgienne, c'est beau. A Van, grande ville industrieuse de 353 000 nufus, Michel a un coup de mou, pas de visite intensive du château qui semble assez ruiné, mais en restauration, tour du rocher de Van Eskilasesi, köfte pour se réconforter dans une échoppe sans eau courante. On s'écarte rapidement d'une manifestation poings levés, plein d'armes, j'entend le mot diktatör, mon turc s'enrichit. Entre Van et Tatvan, nous ne visitons rien, mais nous notons quelques tentatives de développement du tourisme local.

Lac de VanLac de Van

Lac de Van

A Tatvan, nous partons à la recherche de la piste qui mène à la caldera du volcan Nemrut Dag, rien à voir avec le site à statues antiques. Les explications du Lonely Planet nous aident un peu, mais une fois de plus, pas pléthore de panneaux. On bivouaque avant de monter, avec vue sur les lumières de Tatvan. Et malgré le côté antique du panneau indicateur très rouillé (nemrut kalderasi), on s'aperçoit que ce lieu fait partie du plan de développement touristique des hautes instances turques, pourquoi celui là et pas les autres ? Bref, ils construisent une nouvelle route, encore une (et il y a un remonte pente). Donc, si vous passez par là, n'hésitez pas, allez y vite, avant que le Club Méd s'installe ! c'est juste magnifique, grandiose. Arrivés de bonne heure, nous explorons les recoins de ce cratère immense, seuls, à part 2 combi autrichiens bien planqués près du lac principal ( il y en a 6). Encore un des grands moments de notre voyage, vaut le détour ! Plein de bivouacs possibles. Sur le coup de midi, quelques voitures commencent à descendre dans cette immense cuvette, les falaises s'élèvent de 500m, pour nous franciliens, ce n'est pas banal !

Caldéra du Nemrut Dag (celui de l'est près de Tatvan)

Caldéra du Nemrut Dag (celui de l'est près de Tatvan)

Diyarbakir, fief kurde, 850 000 habitants, son marché le long des remparts de 6kms. Je n'ai jamais pu payer nos modestes provisions de fruits et légumes, les Kurdes sont remontés dans mon estime, après avoir rendu le volant pour cause de conduite trop masculine à mon goût ! On sort de la ville par un 6 voies bordé d'immeubles neufs, sur des kilomètres, impressionnant et pas rassurant pour trouver le bivouac de rêve quotidien ! Quel contraste avec la misère de la zone précédente vers Btilis, visitée en dilettante mais bien sympa. Toujours beaucoup de présence militaire.

Belle route de Siverek au feribot d'Iskilesi. Après la région du Tigre hier, aujourd'hui, c'est l'Euphrate. Nous sommes à 150 kms de la Syrie. Tristesse. Le bac existe donc bien, on est toujours un peu méfiants ! Attente animée pour embarquer sur la 3° rotation. 15 LT par voiture, 15 mn de traversée. La construction d'un pont semble bien avancée.

Et donc, pourquoi ce bac ? Un lac de barrage bien sûr, et pas n'importe lequel. Le grand ensemble sur l'Euphrate, qui a noyé toute une région. Et pourquoi nous allons par là ? Pour le Nemrut Dag, enfin. Pas le cratère, LE Nemrut Dag, avec ses statues en haut d'un tumulus, vous avez forcément vu des photos. Là aussi, chantier d'une nouvelle route....la Turquie change...pour le moment, c'est toujours la petite route qui monte bien, entrée du site 9 LT/pers, et bientôt vous marcherez sur des marches en dur pour atteindre le site et sa vue fabuleuse sur toute la région. Moins de 10 touristes avec nous, pas d'embouteillage ! Séance photos, que du bonheur. Pour redescendre, piste pour Khata passant par Eskikale (=Arsameia) décevant de notre point de vue, le pont seldjoukide vers Yeni Kale puis le grand pont romain de Cendere, dans la fumée des barbecues dominicaux ! Sans oublier les colonnes du tumulus de Karakus. Le gardien du café nous propose de camper sur le parking, finalement nous faisons étape à l'hôtel Kommagene de Khata (quel nom !), qui nous a bien plu pour 80 LT la chambre. Autres clients : l'ambassadeur de Grande Bretagne, son chauffeur, son fils et sa Range, normal pour un Anglais, une Mini italienne qui campe dans le ''jardin'' et une moto russe ! Anecdote : un autre hôtel recommandé par le Lonely Planet 2013 est en cours de démolition et doit être fermé depuis plusieurs années..

Nemrut Dag & KarakusNemrut Dag & Karakus

Nemrut Dag & Karakus

Zone roulante agricole, tabac, les gens travaillent dans les champs. Pause au bord de la route, un paysan nous invite à venir profiter de son point d'eau et visiter son champ. Bien entendu, nous repartons avec quelques photos de ce petit paradis, des légumes et du raisin délicieux !

Direction le lac de Menzelet Baraji, petit goudron à travers collines et villages, beaucoup de vignes et de pins. Kahramanmaras, son vieux pont, 40°C, région de Renault 12, juste avant Kozan, on se pose dans les vergers. Un paysan passe, nous parle avec de grands gestes de traktörs et remörks, on s'en va plus loin. A la réflexion, on suppose qu'il nous a invités à camper dans la cour de sa maison, entre le tracteur et la remorque. Mais bon, on n'a pas compris. Altitude 38m, nous sommes à 70 kms de la mer, au sud de la Turquie.

Le chateau de Kozan est pas mal du tout, pas trop d'escalade et une belle vue sur la plaine. Michel tient à ce que je raconte une blague à mes dépens. Sur la route d'accès, une barrière et un uniforme auquel je vais demander si la route mène bien au château. Le gars me répond : I don't speak this language....je lui avais parlé en ''turc''...voilà, c'est dit.

Dans une forêt de pins, on retrouve nos faux pluviomètres, station d'essence où on boit le cay avec le patron vers Aladag. Belle piste dans une gorge du Aladaglar Milli Park qui nous amène à l'autoroute d'Adana. On la traverse pour découvrir le vieux pont reconstruit Ak Kopru et une source d'eau glacée et boire un pot avec 2 Turcs du 95.

A partir de là, on roule souvent sur nos traces de voyages précédents. Bivouac entre vergers et potagers. Au matin, le paysan attend que tout le monde soit levé (on n'est que 2, mais ça peut être long !) pour nous apporter des fruits et légumes délicieux. Nous qui avions peur de nous faire jeter...

Et nous reprenons une des plus belles pistes que nous ayons jamais faites, sur des hauts plateaux démesurément vastes et vides, sous un ciel pur, c'est là aussi un de nos moments les plus forts. Rien n'a changé, c'est comme dans nos souvenirs, et nous sommes toujours subjugués. Arrêt fontaine, shampoing pour moi, l'eau devait être à 5°C, d'après Michel, une horreur ! Il faut dire qu'on est entre 2500m et 3000m. D'ailleurs, un peu plus loin, on va regarder travailler des coupeurs de neige. On repartira avec la glacière remplie de neige, of course. Elle n'aura jamais fait autant de froid de sa courte vie (39 jours pour 32€). Ces Monts Taurus sont vraiment splendides. On redescend par Berendi, nouveaux plateaux, bivouac, Tirtar, Arslankoy, Guzeloluk, Kirobasi, Balli, église ruinée de Dagpazari...

Turquie Août-Septembre 2013Turquie Août-Septembre 2013
Turquie Août-Septembre 2013Turquie Août-Septembre 2013

Gags : ce que l'on croyait être un pot de 300g raisonnable de yaourt était de la vache qui rit, c'est bon aussi. Et j'ai inventé l'eau courante, il suffit de courir un jerrycan à la main. Sans commentaires, merci !

Vers Mut, nous sommes ravis de retourner au monastère d'Alahan. Surprise, il est en cours de restauration, chantier interdit. Tant pis, on se balade quand même, il n'y a personne, et les fouilles ont dégagé des nouvelles choses depuis notre dernier passage.

Encore un endroit ignoré du guide et qu'on vous recommande chaudement.

Monastère d'Alahan

Monastère d'Alahan

Vieux pont d'Ozlu, direction les gorges d'Ermenek où nous avons bivouaqué plusieurs fois. Choc en arrivant, il y a encore des troglodytes habités, mais plein de pique niqueurs également, et quasiment plus d'eau dans la rivière où je m'étais baignée. Eh oui, encore un barrage...le Balkusan Baraji. Une jeune étudiante teste sur nous son anglais, pas si mal ! La ville d'Ermenek s'est beaucoup agrandie, il y a encore un autre barrage pas loin. On n'arrive plus à ouvrir le hayon, c'est assez gênant. Michel enlève la roue de secours, et ô miracle, le hayon veut bien s'ouvrir. Nettoyage de toutes les pièces possibles, poussière vous avez dit poussière ? Et ça repart, jusqu'au prochain souci.

Guneyyurt, Basyala et belle montée vers des strates spectaculaires, col à 1765m, magnifique plateau sauvage mais on retrouve la pluie vers Taskent et sa légende du seigneur et de la bergère. Belle statue, bavardages autour d'une fontaine d'eau mise en bouteilles un peu plus loin. On fait l'attraction du moment, force gestes, photos, le Toy en rougit et cadeaux, y compris à la station d'essence où le patron, après le cay, m'offre des herbes aromatiques !

Il fait froid, temps maussade, on met le chauffage, pas longtemps, dans un paysage de collines rocheuses superbes. Un ou 2 villages étonnament propres et fleuris. L'habitat de cette région s'est amélioré, de masures en pierres à de petites maisons en dur. Le ''petit goudron - grosse marade'' baptisé ainsi en référence à une publicité, devient une belle piste au milieu d'une zone restée très sauvage, rocheuse, parsemée de petits lacs, ça doit être terrible l'hiver.

Turquie Août-Septembre 2013

Pour ceux que ça intéresse, cherchez Emirasiklar en direction d'Ibradi. Un bel hôtel de charme vous y attend, pas testé, mais c'est le seul du genre que nous ayons croisé ! Les vieilles maisons d'Ormana auraient besoin d'être mieux mises en valeur, par contre le lac asséché Göloyasi Golu offre un beau patchwork de champs cultivés sur 22 kms de long.

Autre lieu de souvenirs : Koprulu Kanyon, une boucle goudronnée, peut être plus indispensable maintenant. C'est beau, mais le tourisme se développe un tout petit peu, sans pour autant faciliter les choses aux indépendants. Nous faisons demi tour car nous sommes encore passés devant le site de Selje sans le voir ! Imbriqué dans un village, on ne voit que le théatre, qui sert de décharge et de pâturage...

Pont Oluk Kopru, on va revoir un lieu où nous nous étions baignés avec les enfants. Plus d'eau, il doit y avoir un barrage quelque part...Lac d'Egirdir, assez d'eau pour que je m'y baigne ! Mode hôtel encore une fois, le Charly's Pension au calme malgré la proximité de la mosquée. On y passe un bon moment, et une ''employée'' australienne connaît mon Vanuatu, là, au fin fond de la Turquie, incroyable !

Maison à Ormana - Göloyasi - Selje - Lac d'Egirdir
Maison à Ormana - Göloyasi - Selje - Lac d'EgirdirMaison à Ormana - Göloyasi - Selje - Lac d'EgirdirMaison à Ormana - Göloyasi - Selje - Lac d'Egirdir

Maison à Ormana - Göloyasi - Selje - Lac d'Egirdir

Isparta et sa mosquée à la Dark Vador, le but du jour, la récompense suprême, c'est le site de Sagalassos, que nous avons découvert en 2009 et dont nous parlons depuis avec des frissons de bonheur. Mais pas question de faire le détour par le goudron lorsque toutes nos cartes indiquent une piste directe. Ce fut sympa. La montagne est belle, la piste pas très utilisée, et comme elle arrive directement dans le site archéologique, elle ne débouche plus. Mais on a quand même gagné 27 kms environ ! Non, mais !

Donc nous voilà à Sagalassos, chantier toujours en cours et nous sommes émerveillés par les nouvelles choses mises à jour. Vous n'avez aucune excuse si vous passez dans la région sans y monter. Par Aglasun, c'est que du goudron depuis la côte. Et il n'y a personne bien sûr, pour un tarif inchangé de 5 LT/pers. Je ne raconte pas, c'est trop long !

Isparta - SagalassosIsparta - Sagalassos

Isparta - Sagalassos

Le village de Bugduz est sans doute le seul village turc à disposer de ''rues'' à angle droit. Agrandissez une carte russe au 50 000° et vous verrez ! En plus, avec un peu de chance, vous rencontrerez nos amies les bouilleuses de confiture de raisin. De grands chaudrons de cuivre au milieu d'une de ces rues, sur un feu de bûches qui cache des épis de maïs. Nous avons goûté à tout, plus une tisane de camomille me semble t'il, mais je ne suis pas une spécialiste de la camomille. Et vu la quantité de sucre qu'elles ont mis dedans, en gros, c'était du sucre chaud liquide ! Séance photos, je les ai fait bien rire en tentant de prononcer quelques mots en turc, elles ont dans les poches de leurs pantalons à fleurs bouffants des smartphones. Joli contraste ! Et nous voilà repartis avec des provisions pour 3 jours....en direction de Cendik que nous n'atteindrons jamais. Toutes les pistes sont à demi tour, pourtant ce coin est très différent, très blanc, des collines arides, érodées. Après un Soganli qui n'est pas en Cappadoce, piste sans doute abandonnée et donc bien abîmée, passages un peu dans le vide, on rallie Hacilar par le même genre de paysages lunaires, le lac Burdur et on roule dans le lac asséché d' Algöl Golu. On traverse Denizli sur du goudron, ce qui n'a pas toujours été le cas ! On reconnaît, émus, le concessionnaire Nissan qui nous avait hébergé une longue journée en 1999, bivouac sympa au fond d'un champ.

Décidés à retourner visiter Pamukkale, nous approchons, inquiets devant l'étendue des zônes à touristes. Nous avons fuit, lâchement, devant le monde, le superbe bassin au pied de la colline, le parking payant pour visiter Hiérapolis. En 1999, on traversait tout ça en voiture, quasiment seuls. On restera sur nos souvenirs.

Confiture de Raisin ..Miam ..!  - Lac asséché   super !  - PamukkaleConfiture de Raisin ..Miam ..!  - Lac asséché   super !  - PamukkaleConfiture de Raisin ..Miam ..!  - Lac asséché   super !  - Pamukkale

Confiture de Raisin ..Miam ..! - Lac asséché super ! - Pamukkale

Par contre, nous prenons le risque de retourner au site archéologique de Nysa, certains de trouver de gros changements. Effectivement ! De quelques colonnes et fresques perdues dans la végétation, c'est en train de devenir un site majeur ! immense, isolé. Pour 5 LT/pers, vous pouvez même voir les archéologues turcs au travail. Le théâtre est grand, y sont exposées des fresques d'une grande finesse, de la même qualité qu'à Sagalassos (et Ephèse, mais sans la foule). Ce site est près de Sultanhisar et Atça, surprenante petite ville en étoile.

Nysa et ses fresquesNysa et ses fresques

Nysa et ses fresques

Demirhan, Bademli, Odemis, Turgutlu, Sinirli et le raisin qui sèche dans les champs moissonnés sur des rouleaux de plastique, après avoir été transportés par paniers plastique....après Cankoy, on croise un reste d'aqueduc qui alimentait certainement Pergame. Pergame ne nous avait pas emballés, on ne teste pas le nouveau téléphérique. C'était quand même plus drôle d'y monter en voiture !

On remonte de plus en plus vers le Nord Ouest, par une belle forêt de pins. On s'amuse beaucoup en essayant un itinéraire inédit qui nous emmènera jusqu'à Edremit en passant par Sarko(s)y, jolie balade en basse altitude. Détour par un outlet pour s'approvisionner en jean's, à Burhaniye. Par Zeytinli, on monte au Kaz Dagir Milli Park, malheureusement interdit aux véhicules. Le gardien téléphone à un collègue qui nous l'explique en anglais. Ok, demi-tour. Dans un hameau, nous croisons une fête, au milieu de la rue, avec costumes colorés, sequins, broderies, musique, étonnant !

On longe la mer sur 40 kms (trop urbanisé pour nous) pour trouver un autre chemin qui nous permette de remonter sur Canakkale, derrière le village touristique (?) de Adatepe. Pistes forestières faciles, douces, qui ne font pas forcément ce qui est prévu par les cartes russes, mais on arrive quand même quelque part ! Le chef navigo me rassure '' c'est bien quand on se retrouve là où je voulais'' ; réponse ''Allah est grand''....et on croise le 4 voies pour Canakkale, hop ! Feribot pour Kilitbahir, 24 LT pour 20 minutes de traversée.

Nous descendons la presqu'île de Gallipoli pour trouver, avec difficulté, le cimetière français, et visiter des cimetières turcs et autres monuments. Que de morts pour pas grand chose....on remonte par un ''petit'' cimetière anglais, qui nous sera fatal.

Cimetière français de Gallipoli (Dardanelles)

Cimetière français de Gallipoli (Dardanelles)

C'est là que le suspense s'achève. Vous savez, l'histoire de la tente, dont une, puis les 2 fermetures avaient rendu l'âme. Eh bien, le tapis de sol nous servira à remplacer la vitre arrière. Elle a explosé, le hayon enfoncé ne s'ouvre définitivement plus. Grâce à un couteau suisse, Michel démonte le coffrage intérieur pour que nous puissions tout de même accéder à nos affaires. Bravo !

Bref, la Roumanie ce sera pour une autre fois. Le hayon ne s'ouvre plus, mais la voiture n'est plus fermée, vous suivez ? Retour un peu plus rapide que prévu par la Grèce, Macédoine, Serbie, Slovénie, Autriche, Allemagne.

En Grèce, vidange du Toyota, qui l'a bien mérité, pour 135€ en tout (avec tous les filtres), et sans rendez vous....Nous y découvrons le tourisme bulgare et serbe, il y en a partout ! Nous passons en Macédoine par le petit poste frontière de Doirani, très sympathique. 266 kms en Macédoine, le pays semble vraiment joli de ce côté là aussi. De nouveau en heure française. On prend le GPS en défaut, il nous amène à un site militaire qui ne se traverse pas, retour sur l'autoroute qui n'est pas forcément confortable ! Frontière serbe à Tabanovce. Bivouac qui sent l'automne : on entend les feuilles tomber, au matin, la pluie, elle ne s'arrêtera presque plus jusqu'à la maison...L'autoroute nous endort, on va longer le Danube. A la frontière de Sid, nous comptons 3 kms de queue pour les poids lourds...heureusement, nous n'en sommes pas ! 663 kms en Serbie et nous revoilà en Croatie, dont la longue plaine uniforme nous sape le moral. Allez, on va voir ailleurs. Direction Maribor, on passe de champ en village agricole, c'est plus sympa. Gros plein avant la frontière vu le prix du gazole (1€/l environ). 213 kms en Croatie et on passe en Slovénie après Varazdin, sans payer de taxe pour les autoroutes. Il faut dire qu'on ne fait que 64 kms dans ce pays. Nous entrons en Autriche par Sentilj/Vogau et c'est le choc. Nous sommes de retour en Europe, la ''vraie'', avec la richesse, les règles et les normes, la société de consommation et de loisirs, le bio, le bien pensant....waouh, ça fait bizarre, c'est assez violent. 332 kms en Autriche, l'Allemagne fidèle à sa réputation, des embouteillages monumentaux, toutes nos options se révèlent désastreuses, moyenne indiquée par le GPS : 50 km/h sur autoroute sans limitation de vitesse....449 kms en Allemagne, que du bonheur !

Bref, on arrive at home après exactement 12 781 kms et des tonnes de souvenirs merveilleux....pour plus de détails, n'hésitez pas à nous contacter, à bientôt !

Turquie Août-Septembre 2013

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Publié par voyageur voyageur78s
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commentaires

Aurore 13/02/2015 05:00

Pas mal! J’espère que j’aurais un jour la chance d’y aller moi-même.

MAFRAND Patrick 08/07/2014 10:27

Bonjour,
j'ai parcouru votre édito sur votre voyage en turquie, j'ai effectué un parcours un peu similaire en 2010 avec AMADA, mais je souhaiterai le refaire en 2015 avec mon frère à deux voitures et prndre notre temps, pouvez_vous me faire parvenir les traces de votre parcours.
Cordialement,
Patrick MAFRAND

voyageur78s 17/07/2014 11:29

Actuellement en Islande reprenons contact en Septembre.......

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